Prises de position carrières

Constat : la région Centre-Val de Loire compte environ 220 carrières. Le volume de production excède largement les besoins de matériaux en Région Centre, et l'exploitation des carrières dans notre région contribue donc à pallier aux déficits de production de la Région Ile de France au regard de ses importants besoins, liés à une expansion continue non maîtrisée.

L’évolution de la production de 1999 à 2010 des carrières en milliers de tonnes est passée :

  • Pour la production en lit majeur de 7 millions de tonnes à 3,7 millions de tonnes.
  • Pour la production d’alluvionnaires en lit majeur et en terrasses de 9,5 millions de tonnes à 6 millions de tonnes.
  • Pour la production d’éruptifs de 1,9 million de tonnes, inchangée.
  • Pour la production de calcaires de 8 millions de tonnes à 7 millions de tonnes.

La production totale (sans les alluvionnaires de lit majeur) est donc passée de 19,6 millions de tonnes à 14,7.

C’est l’Eure-et-Loir le premier producteur, puis le Loiret au même niveau que le Cher et l’Indre, enfin le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire.

FNE Centre-Val de Loire prône une mutation accélérée de notre société vers une transition écologique et économique avec au moins deux principes majeurs : une réduction drastique de nos prélèvements de ressources naturelles et une prise en compte effective de la préservation de la biodiversité. Constatant l’impossibilité de se passer de l’usage de matériaux d’extraction à l’heure actuelle, la fédération insiste pour que soient entreprises des recherches et que soient mis à disposition des moyens permettant d’aboutir dès que possible à l’arrêt des prélèvements de ces matériaux, qu’ils soient extraits en milieux humides ou secs. Dans ces conditions, il s’agira de favoriser toutes les initiatives allant dans ce sens : réduction des besoins, recyclage, modification des usages, utilisation de matériaux alternatifs renouvelables…

En attendant la mise en œuvre de cette politique, la fédération a décidé de s’inscrire dans une participation active aux débats sur les carrières (par exemple dans le cadre de l’élaboration et du suivi des schémas départementaux des carrières, ceux-ci devant être renouvelés à l’issue de dix ans d’existence) et de s’investir, lorsque cela est déontologiquement possible, dans une meilleure gestion durable des lieux d’extraction.

Pour ce faire, la fédération propose un cadre d’intervention global décliné ci-dessous :

  • Les associations de protection de la nature adhérentes à FNE Centre-Val de Loire participent aux commissions, aux débats. Toutefois, elles revendiquent une représentation plus équitable en nombre de sièges.
  • Dans tous les documents, la première des préoccupations doit viser la réduction de l’usage des matériaux "nobles" et la promotion du recyclage. Toutes les demandes nouvelles doivent être arbitrées au vu des choix de réduction des besoins, d’utilisation des matériaux de recyclage et d’optimisation de l’utilisation des ressources locales.
  • Toute extraction en milieu alluvial fragile doit être interdite.
  • Risque de contamination des eaux souterraines par l’acrylamide monomère : l’utilisation de cette substance a considérablement diminué mais il est possible de s’en passer dans la plupart des cas. Nous demandons qu’un effort soit fait dans ce sens car le risque est grand (surveillance accrue nécessaire).
  • Un inventaire multi-partenarial des besoins réels doit être réalisé. Sur cette base, les autorisations ultérieures devront avant tout privilégier l’utilisation locale.
  • Les associations de protection de la nature adhérentes à FNE Centre-Val de Loire estiment que les carrières ont toujours eu des impacts négatifs. Malgré les évolutions notables de la profession, il continuera d’y en avoir. Par conséquent, il faut agir en conséquence pour les minimiser au maximum.
  • Les documents, notamment les schémas départementaux, doivent être précis, avec un bilan quantitatif et qualitatif des carrières déjà en activité. Il est impératif dans ce bilan d’établir l’ensemble des effets cumulatifs des exploitations dans chaque secteur géographique.
  • Le réseau des associations demande des durées d’exploitation limitées à quelques années, et dénoncent certaines durées d’exploitation qui ne sont pas respectées, ainsi que des prolongations extravagantes qui peuvent être encore accordées.
  • Les associations demandent une amélioration des études d’impacts, prenant en compte notamment les effets cumulatifs des exploitations et la nécessité de zones tampons suffisantes pour la préservation de la biodiversité et la protection de la qualité des eaux souterraines. Dans tous les cas, des compensations doivent être envisagées au regard de la réduction des espaces naturels.
  • Pour ce qui est des réhabilitations, la fédération demande que dans chaque cas soit privilégiée une approche plurifonctionnelle du site, en y incluant obligatoirement la prise en compte de la restauration de la biodiversité.
  • Toute nouvelle carrière doit faire l’objet d’un cautionnement à hauteur des coûts d’une réhabilitation complète et du suivi de celle-ci. Les modes de gestion des différentes parties du site réhabilité doivent être déterminés et faire l’objet d’engagements clairs des acteurs, en raison notamment de la nécessité éventuelle de transferts de propriété.
  • La fédération demande des contrôles plus constants sur le suivi des carrières et sur leur réhabilitation.
  • Doivent être mises en place des procédures d'évaluation des résultats de ces politiques, incluant la publication régulière d’indicateurs explicites et non suspects de partialité.

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